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publié par UNSA CG21
Vendredi 23 Février 2007

La fonction publique s'impose comme un enjeu de la campagne


La fonction publique française, qui emploie près d'un cinquième de la population active, s'impose comme un enjeu de la campagne électorale, le débat portant sur la nécessité de supprimer des postes pour diminuer la dette publique.
Nicolas Sarkozy a jugé hier que le nombre de fonctionnaires (5 millions) était « extrêmement préoccupant ». Il veut ne remplacer qu'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite pour parvenir « au niveau de 1992 ».
« Si on ne pose pas la question des effectifs et de leur diminution, on ne peut pas réduire l'endettement », a-t-il affirmé. Il a cité l'exemple de la douane, qui, « avec 20 000 fonctionnaires, se trouve au même niveau d'effectifs qu'en 1980, alors qu'entre-temps, on a supprimé les frontières dans l'Union européenne ».
Lundi sur TF1, Ségolène Royal a jugé le principe « impensable », « très grave », et « même très dangereux ». « Comment est-ce qu'on va remettre du service public ? On en a besoin dans l'école, on l'a vu, on en a besoin dans les quartiers (.) on en a besoin dans la santé (.). Une République qui recule sur son service public, c'est un système qui s'écroule, et c'est un système qui crée de la violence », a-t-elle poursuivi.
La candidate du PS avait annoncé le 15 février qu'elle souhaitait « rétablir dans leur totalité » les moyens de l'éducation. Consciente du poids électoral des fonctionnaires, elle leur a apporté son soutien à plusieurs reprises s'engageant notamment à leur rendre « le respect qu'ils méritent » lors de leur grève du 8 février.
« On a supprimé trop de postes de fonctionnaires », avait déclaré en écho le même jour la communiste Marie-George Buffet, proposant une hausse de 10 % des salaires des agents publics.
François Bayrou, qui fait du désendettement de l'Etat une priorité, envisage de « réduire le nombre de fonctionnaires dans les secteurs où l'Etat peut être plus léger qu'il ne l'est ».
Entre 1992 et 2004, le nombre d'agents des trois fonctions publiques (d'Etat, territoriale et hospitalière) est passé de 4 330 398 personnes à 5 036 608, selon un rapport de la direction de la Fonction publique de juin 2006.
Entre 1984 et 2004, les effectifs des ministères ont progressé de 7 % : 155 000 agents supplémentaires, surtout dans l'Education nationale.

"Le Bien Public"


Samedi 17 Février 2007
Davantage d'emplois en 2006 dans l'Hexagone

La France a créé dans le secteur « principalement marchand » près de 142 000 emplois salariés (+0,9%) en 2006, selon un chiffre provisoire publié hier et jugé, par plusieurs économistes, insuffisant pour soutenir une reconversion durable de l'industrie vers les services.
Après une légère reprise de l'emploi salarié en 2005, le mouvement s'est accéléré l'an dernier, expliquant en partie la baisse du chômage à 8,6 % de la population active en décembre, selon le baromètre officiel.
S'ajoute aussi la création d'emplois en indépendants, soulignait récemment le gouvernement. Une note de l'assurance chômage (Unedic), confirme la tendance, avec 193 000 emplois salariés supplémentaires l'an dernier. Le chiffre Unedic est plus élevé car il inclut, contrairement au chiffre portant sur le secteur dit « principalement marchand », le personnel des entreprises et associations privées de la santé (cliniques, etc.), de l'éducation et de l'action sociale.
L'Unedic prévoit que « cette tendance pourrait se prolonger en 2007 » et que le taux de chômage devrait poursuivre sa baisse pour s'établir à 8,3 % fin 2007.
Les économistes sont cependant loin de crier victoire et le qualificatif qui revient le plus souvent est « mou » ou « insuffisant ». Depuis début 2003, la construction conserve un rôle moteur « grâce au dynamisme de l'immobilier stimulé par les taux d'intérêt plutôt bas, mais là, on approche d'un retournement », souligne Matthieu Lemoine, de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
L'effectif salarié de la construction enchaîne la quatrième année de hausse ininterrompue : +4,5 % (+60 700 postes) en 2006, selon le chiffre provisoire du département études du ministère de l'Emploi (Dares). Dans le tertiaire, qui inclut l'intérim, l'emploi salarié poursuit aussi une augmentation quasi-continue depuis la mi-2001 : +1,5 % sur l'ensemble de l'année (+151 800 postes).
« Vraiment pas grand-chose », juge l'économiste et chroniqueur Nicolas Bouzou, qui y voit « un effet retardé de la mise en œuvre des 35 heures ».
« L'emploi est mou, mais parce que la croissance est molle » (+2% en 2006 selon une estimation Insee), juge au contraire M. Lemoine (OFCE). Selon ses calculs, « un tiers de la baisse du chômage observée est artificielle » (emplois aidés, personnes reclassées, chômeurs radiés) et le taux de chômage réel se situerait plutôt à 8,9 % en décembre.
« Nous assistons à une accélération de la désindustrialisation de l'emploi alors que les services ne créent plus suffisamment d'emploi pour la compenser », estime lui aussi l'économiste Marc Touati, de l'Association pour la connaissance et le dynamisme économiques.

"Le Bien Public"

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