La fonction publique s'impose comme un enjeu de la campagne
La fonction publique française, qui emploie près d'un cinquième de la population active, s'impose comme un enjeu de la campagne électorale, le débat portant sur la nécessité de supprimer des postes pour diminuer la dette publique.
Nicolas Sarkozy a jugé hier que le nombre de fonctionnaires (5 millions) était « extrêmement préoccupant ». Il veut ne remplacer qu'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite pour parvenir « au niveau de 1992 ».
« Si on ne pose pas la question des effectifs et de leur diminution, on ne peut pas réduire l'endettement », a-t-il affirmé. Il a cité l'exemple de la douane, qui, « avec 20 000 fonctionnaires, se trouve au même niveau d'effectifs qu'en 1980, alors qu'entre-temps, on a supprimé les frontières dans l'Union européenne ».
Lundi sur TF1, Ségolène Royal a jugé le principe « impensable », « très grave », et « même très dangereux ». « Comment est-ce qu'on va remettre du service public ? On en a besoin dans l'école, on l'a vu, on en a besoin dans les quartiers (.) on en a besoin dans la santé (.). Une République qui recule sur son service public, c'est un système qui s'écroule, et c'est un système qui crée de la violence », a-t-elle poursuivi.
La candidate du PS avait annoncé le 15 février qu'elle souhaitait « rétablir dans leur totalité » les moyens de l'éducation. Consciente du poids électoral des fonctionnaires, elle leur a apporté son soutien à plusieurs reprises s'engageant notamment à leur rendre « le respect qu'ils méritent » lors de leur grève du 8 février.
« On a supprimé trop de postes de fonctionnaires », avait déclaré en écho le même jour la communiste Marie-George Buffet, proposant une hausse de 10 % des salaires des agents publics.
François Bayrou, qui fait du désendettement de l'Etat une priorité, envisage de « réduire le nombre de fonctionnaires dans les secteurs où l'Etat peut être plus léger qu'il ne l'est ».
Entre 1992 et 2004, le nombre d'agents des trois fonctions publiques (d'Etat, territoriale et hospitalière) est passé de 4 330 398 personnes à 5 036 608, selon un rapport de la direction de la Fonction publique de juin 2006.
Entre 1984 et 2004, les effectifs des ministères ont progressé de 7 % : 155 000 agents supplémentaires, surtout dans l'Education nationale.
"Le Bien Public"
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